la nuit, dans la boîte, foule pulse en électronique. Indifférenciée, un peu comme avant, lorsque nous étions tous au même endroit, y compris les bêtes et les rochers. Mais en somme, c'est très mal imité.
Alors on s’enferme dans des trucs obsessionnels, on tourne en rond, on fait une collection, des tournois, des papillons, reconstitutions, escalade lubrique, courir les circuits, sur les stades hurler, courir encore après les autres, après soi. Avec la pointe de son bic, on appuie vingt fois, cent fois sur le même point martel. Tout cet enfermement que l’on secrète. Plus il y en a, mieux on sera protégé. Un mort et tout s’écroule, chacun s’applique à la fabrication de ses cages, qu’il s’honore de porter, les unes dans les autres au cas où l’une s’ouvrirait, que l’on soit toujours bien enfermé.
Aujourd’hui tout est déformé Face aux boucles absentes Morpholégumineuse. Des yeux en bas Globes en fuites et sourcils postiches Peaux de canards nus. Rythme des paupières closes Par intermittence dans la foule. Crépitement d’opercules Enregistrer ce bruit clignoté L’amplifier plic plic Rapetisser en marchant S’étirer en largeur Allonger la rue, la distendre S’aplatir les sens S’aplatir les mains Redevenir grand, Se tordre, s’essifier, Essifier chacun Les modeler à son goût Celle-ci est un point. Un autre épais de cent mètres Difficulté pour lui. Difficulté pour tous Dans un monde variable À l’abscisse indécise À l’ordonnée complexe. Déformation des tissus Fragilité des excès Expérience des modules invariables Dans d’autres instables, Féconde réalité Et le sol ce socle que devient-il ? Ah une mer ! Une masse liquéfiée Support mou, ductile Tous ces efforts, torsions homothétiques Quelle chaleur dégagée ! Je n’ai qu’un conseil à donner. Il faut tout déformer Détruire l’orthonorme Prison calcifiée. Déformant l’espace Vous déformez son ennemi complice Rien de pire que le temps en os. Il vaut mieux encore en saindoux (J’en ai vu d’électrifiés mais ils sont mous) En boucles, en machins jaunes, En petits drapeaux, en baguettes d’achillées En tambour crevé. Tout, mais pas en os.
Car évidemment (puisqu’il faut le dire) c’est le temps qu’il s’agit de déformer, d’anamorphoser, d’ellipter de ponctuer, de ramollir de pétrir, d’en faire des fils, des petites boules entre les doigts, il faut le rendre obscène, le multiplier par deux, en prendre la racine, le faire tourner fou, gyroscope concentré lui donner des rebonds des smashs du dribble ou du solide divisé. Puisque de toute façon c’est ainsi qu’il agit sur nos minces constitutions, il faut lui rendre au centuple, au millimètre et à l’hectolitre.
Vous êtes sales, vous puez. Votre sexe sent le viol. Sous vos ongles de la poudre et le regard fuyant. Ne vous méprenez pas. Peut-être êtes-vous la victime.
On cherche des clefs, Ouvrages d’art, crénelures, châteaux forts Dents des montagnes, Le grand anneau qui les lient, Plates, cannelées, tubulaires, Electroniques. Luminescentes. On ne trouve que des serrures en pommes de terre. Et rien ne s’ouvre.
Torsions, empêtrement des torsions, lecture, essorage, rembobinage. Quelques-uns chancellent. Se battent loin dans les nerfs. Dévisse le donc ton balai. Arme soumise. Déplace les chaises, déplace tout. Empile tout savamment. Balaye, collecte un solide divisé. Rassemble en tas, fiers tumulus. Monuments journaliers *
Mon moteur ! Lui, dans mes bras, Ronflant sans dormir Vrombit quand j’appuie Crissent mes pneus gommés, Soufflent mes watts en moi Où est mon corps ?
Dans mon grand corps Je roule, adroit du volant, Contrôler avec tout le bruyant Le pot, le becquet, La jante échappement, La pulsation des vitres Et 23 logotypes auto collent Ma sécurité active, mon A.B.S. Mes ballons gonflants.
« Conseil pour un fonctionnement optimal de votre moteur hors-bord diesel RP 7506 » Carter désengagé, veillons à la fixation argentée des deux solénoïdes adroits, de cette façon, l’arbre dans le bon alignement ne désenchante point l’enclavement des sept cames. Dans la course du culbuteur s’intercale un circlip de blocage étroit que l’on veillera à désenclancher lors du démontage. (Mon goujon de palier de vilebrequin se souviendra longtemps de son petit et charmant ergot de positionnement) Dans chaque concavité trouve place un mécanisme calé qui transmet, récupère l’excès.
Ainsi, par paliers, accède-t-on à la distribution en huile de graissage des autres cylindres autonomes. Ne permettez pas, admettez. Ne comprenez pas, comprimez. Allumez, explosez et recommencer.
Ainsi cela roule et circule, comprime échappe et tourne. Ne soyez pas étonné, laissez cela fonctionner ronronnant crissant. Maîtrisez l’admission par la pression, lorsque le régime est oppressif, débrayez la machine et changez de couple. Par alternance le mouvement s’exécute et répète son cycle obligé. Parfois, décalaminez un piston fainéant, vidangez les scories de bon fonctionnement. Ne permettez aucun jeu, cela nuirait à la longévité. Tu te trompes si tu imprimes en sens contraire une rotation à l’arbre principal. Un seul sens est permis.
«La distance entre le presse-étoupe hors-bord et le bossage de l’hélice ne doit pas dépasser la moitié du diamètre de l’arbre ». Cela serait contraire au bon fonctionnement.
Bière Charpente liquide Plie quantitative Résiste colonne gazeuse Verticale giratoire S’enfile et tente Par quel prodige De soutenir fragile Un ensemble vide.
Bic Il y a cette surface. Densité, statisme. Séisme à bille épouse déroulant, charme roulant, Stylo calme, mécanisme de butée. Ressort contraint, Pseudo-dactyle patine Sans axels sautille, Encre capillaire Trace de presque périmètre Excellente sphère compressante. Laminoir dansant.
Petit camion Joue, cogne le contre le sol, Ecoute le couiner, camion ! 8 sonneries essieux dans la mousse, pas de danger On le cogne, il sonne. On le recogne, il résonne. Chatoyant véhicule chiffonné. Il roule, mais surtout il sonne si on le cogne.
Regarde nous lécher les vitrines Regarde comme ma langue est grande ! Vois comme elle est usée ! J’ai tant léché, tant parlé. Regarde lui ridicule qui n’a pas de langue ! Il ne peut donc lécher. Oh comme il est taché.
À la provocation des opulents (purulente ostentation) qui jettent le sucre, qui parlent dans de petites choses aux creux de leurs mains, qui brillent dans leurs cheveux raidis, lucre dans la prunelle : Pff.
J’énucle Je désoryxibonucléise, J’acide codant, Je science J’occulte, j’inocule J’ignore, j’aveuglise, Je thermonucle ! Je particule, Je nomenclate et finalement, J’Occident.
Notre formule à 59F90 Salade frisée aux lardons Pavé de bœuf Frites ou pommes au four Sauce au poivre. Autant dire soixante francs. Sous le pavé le sang.
Tous les garçons et les filles de mon âge sont au chômage. Tous les garçons et les filles de mon âge n’ont plus d’yeux plus de bouche, des ongles rongés, nous vacillons, nous vacillons.
Mer encerclée de béton ferré Caillasse pétrifiée Quelques angles restent Horizon trigonométrique discontinu. On l’aperçoit limite de tous les âges Il est là, circonférence des choses, mouvant
Jeune loup aiguise ses dents Applique à la lettre le dogme Séduit les bonnes gens C’est son syntagme Et ses grands mots blancs. Jeune loup choisit la brebis Au caractère fort et méfiant. Lui dit qu’elle est jolie Le troupeau est engageant. Il vend ses produits dix francs Baumes et onguents. Verbe gras. Où est mon gésier ? Ah ! Jeune loup ! Comme je te pulvérise. Toi et tes mots blancs. Je les rends pulvérulents. Car en mon exorcise, Me suis fabriqué un gésier mou. Jeune loup. Poudre minuscule. Fécule à moudre. Tu es trop gras. Pou. Gravier.
Motivation dans les lettres Soumission dans les mots. Se vendre à celui-là Démon notoire Grâce à des contrats troubles Aux logotypes savants, Se vendre au tiers de son temps. Pactiser.
Qu’en est-il du bruit de vos pas ? La semelle étouffée flottante, Caressée de longs poils. Sous vos pieds le vide. Présence altérée du sol. Ascension sociale et chaleur d’orteils. Moquette sourde au pas Et le silence de la marche.
Syndrome du tout va bien Ce n’est pas encore votre tour. À quand votre présence dans cette hécatombe ? Cités victimes ou coupables ? Ou totalement anonymes. Il faudrait être plus discret.
(Chuchotis) Discordes, querelles, perfidies, Calculs caleux. Brouillage de l’émission Soyez à l’écoute des messages cryptés Dénouez toutes les cordes, Tressez-en des filets Aux mailles étroites, La pêche aux grands va être bonne. On prévoit un grain, Mais pas de capitaine.
Personne sur la place Et la rumeur sourde, Enfle sur son périmètre. La flaque de l’opinion s’agite.
Et s’il me faut parler de ma langue Asséchée, fourchue, Orgueilleuse dentaire. Que dire sinon vanité ? Obsequiom amicos, Veritas odium parit. S’identifiant ennemi, De fausses dents me poussent, Plastique émoussé. Qu’est ce que ça mord ? Finalement.
Oui, il vous manque des structures, vous n’en avez jamais assez. Des trucs sûrs, sur lesquels on peut bâtir mais lisses, invisibles, qui n’accrochent jamais ! Les dents sont là pour vous rappeler qu’un os protubérant, gingive, osseux brillant, arme émaillée à tout moment écorche.
Citoyen d’un état Entré dans le monde avec des bottes goudronnées Jardins magnifiques, cruel. Il est là avec ses bottes Sur son chantier de barrage. Il scrute, l’ingénieur mon pays, Il calcule, érige, multiplie. Il a tout englouti pour construire son grand mur. Bien. Et les habitants s’entretuent. Belle carrière. Scrute mon pays ! Scrute cet horizon épais. Hors de ta portée, un mur se dresse.
L’amertume apparaît Arrière-goût. Bitume. Mercantiles, les grégaires reviennent. Guerre ! Guerre ! Crie la vigie. Mais le capitaine ne connaît pas la paix. Guerre ! crie le capitaine. Alors les bâtons sortent de terre, Plus question de fourche La 22 qui aboie, les couteaux les projectiles. Et le feu maîtrisé se fait plus défoliant. Grandes putains. Oppression de l’argent, abrasif. Le port est loin
Dogmes bétonnés Isthmes en guerre, émeutes méfiances Droits remparts, portes blindées. Couronnes numérotées sur les claviers Codes en pointes, codes à spatules, en lunules à venins. Bout de mes doigts complices Numérologie dactyle, érige un pointillé mou. Cage discontinue, frontières à moudre.
(Pourquoi s’écouter) Vomir subtil et manger gras. Trop de cartons Trop d’élastiques autour des têtes. Yeux percés. Marque rouge aux oreilles. Transpiration du faciès Réponse close dégouline Moite Maquillage ridé. Grotesque pantomime
(description de l’ennemi) Ils sont plans. Les visages les chaussures Tout est plan Problème pour pivoter Profil sans transition Attaches parisiennes dans les bras plats. Mais rien n’y paraît finalement Car tout est plat et les autres ; Moitié des dimensions Circulants géométriques. Problèmes de volumes. S’il y en a quelques-uns. Il y en a parfois. Comment exhiber si l’on est lisse ? Démonter les bras. Démonter les bras !
Grotesque masque de mannequin fantasque Calque aspirant Lividité feinte. Figé fluide exécrable À répandre en sacs Dissoudre gravier Bitumer asphalte.
En avant les diffractions du spectre Lunettes spéciales. Rouge et bleu décalé Échecs innombrables. Reliefs accidentés de toutes parts. Illusions continues. Avec des s à la fin des mots.
En avant les surgelés En avant les armoires réfrigérantes L’industrie du froid Les compresseurs, les gaz Toute la plasturgie, les grilles Les thermomètres, les degrés conservateurs Les moins quelque chose
Abolir la nuit. Par des pluies d’halogènes parsemées exactes, gardes lumineux en conciles de lux. Soleils divisés en couverture d’impacts et orange glacial.